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CORALINE

Lisette NARDUCCI

Maire de secteur, vice-présidente du Conseil Géneral découvrez le quartier de la Belle de Mai avec elle

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Le billet de Xavier LE FLOCH

« Emotions censurées, j’en ai plein le container »
Alain Bashung

Une seule résolution pour cette année 2010: de l’émotion ! Me défaire de tous les carcans pour vivre au fil de mes émois.
En ce mois de mars un sentiment puissant me traverse le corps en une longue décharge à en redresser mon dos voûté et mes épaules affaissées. Je marche dans les rues la tête haute, les yeux droits devant, porté par la fierté.
Il y a 9 ans j’étais déjà fier d’engendrer Epona, ma fille. Aujourd’hui, je le suis de voir mon bébé souffler ses bougies avec ses amies, cette jolie fille être applaudie pour ses prestations musicales, ce petit bout de femme me demander, les mains dans les poches, d’arrêter mes bêtises.
Comme je suis fier également de voir l’oiseau tombé du nid faire un premier pas sans mon aide, fier que tu m’embrasses sur le pas de ta porte, fier de vivre sans concession au copinage et au politiquement correct.
Et qu’est-ce que je serai fier quand nous bouterons loin d’ici le mari de Carla B !

XL

 

 
   

 

Coraline fait désormais partie de l’équipe de « Ma lucarne ». Elle nous a conquis. Gracieuse, féminine, mais distante par l’étrangeté de son regard. Alors  qui est-elle vraiment ? Son alphabet personnel nous permettra, peut-être de la découvrir. De A à Z

   
Photo Guy POCHON

 

Rétro 2008
Invités
Mangas

 

 

 

« "Une sculpture qu’on n’a pas envie de caresser n’est pas une sculpture réussie » disait Brâncusi

 

 

 

 

 

 

EN SAVOIR PLUS

 

VISITE

 

Désirée est un personnage de papier qui est totalement incontrôlable. Sans doute a-t-elle était fabriquée par son auteur dans de la pure pâte à fantasmes? Vous voyez? Comme Nadja, sylphide...ces femmes qui n'existent pas mais qui n'en sont que plus redoutables, car impossible à rapprocher du comportement des gens croisés au quotidien. Mais allez savoir ?

 

Les dessous de la Formule 1

 

EN SAVOIR PLUS

 

 

 

KUNI SCHIESS
http://ornicar.blog.mongenie.com/

J’ai rêvé du bon vieux temps des ciné-clubs.
Il régnait dans mon rêve une sorte de douceur indifférente. Les acteurs de l’époque se croisaient, s’interpellaient, tout à côté de moi John Wayne prenait un dernier verre avec ce sacré Bob Mitchum. Tout s’est accéléré quand Lauren Bacall s’est pointée. C’est facile dans les rêves. J’ai embrassé la poule de Humphrey Bogart sur la bouche. C’est un truc qui menaçait de se produire depuis longtemps. Lauren Bacall est tout à fait restée mon type de femme. J’ai lu l’envie autour de moi. J’ai enlacé à nouveau Bacall, cherchant à la persuader que le goût du tabac fumé par Bogart était un motif de répulsion. Qu’elle ne rencontrerait pas ça au contact de mes lèvres. La star a fermé les yeux et on a remis ça pour un long baiser. Elle est partie, m’enfermant dans un cercle de solitude heureuse. Le passé et le présent venait-il de se superposer ? Où s’étaient ouvertes les portes du vertige ?  Peut-être au fond d’un écran d’ordinateur ? Peut-être…

H.E.

RACHID

Les Fruits défendus

Cette journée est comme un voyage. Un bateau, un départ, des embouchures à trouver. J’ai observé, scruté, dévoré ton corps durant des heures. Il y a tant de trésors à dénicher.
Les épaules posées sur le sol. Les plis de ta peau qui roulent sous mes doigts comme des vagues. Des îles qu’il faut contourner. La colonne vertébrale se tend, se déforme. La paume de mes mains creuse tes reins. De l’iode flotte sur tes pores. Il manque une brise marine pour gonfler les voiles.
Tes cuisses sont molles. Les muscles oscillent à droite puis à gauche dans un balancement régulier. Tenir le cap, éviter de dériver. Il y a des esquifs tout autour. C’est pas simple sans l’aide d’une boussole. On descend. Les mollets, les chevilles. Des creux, des tendons qui s’étirent. Des langues de mers pour doubler les caps. La plante du pied, les orteils, autant de destinations, d’issues possibles.
Tu t’es retournée. Le soleil a mordu à l’hameçon. Il dépose sa chaleur en fines couches. Je laisse filer mes doigts sur ton cou, avant de descendre plus encore, plus bas. L’inconnu, le vertige. La proue du navire cogne sur les vagues. Au loin, je devine un fil blanc barré d’écume. J’entends les sirènes, les marins assoiffés d’or qui découvrent des terres. Ton ventre se durcit. Je vire sur les bords. Les limites de la carte, le domaine des légendes, les abysses. Vite revenir sur le pont.
J’ai eu l’idée d’amener des fraises. Quatre billes rouges chargées de sucre que j’ai déposées autour de ton nombril. Voyage au centre de la terre. L’El Dorado en personne. Ton corps se soulève un peu, la mer qui tangue, le mat du navire plonge en avant. Il se redresse, mord dans les vagues. Il y a bien un Robinson qui traîne quelque part. Je n’ai pas envie que la journée finisse. L’océan est trop vaste, il y a tant à brasser.
Tes jambes sont repliées. Les fraises sont mûres à point. Elles brillent. J’ai posé ma bouche sur un quai précaire. Ta peau se dérobe sous ma langue. En fermant les yeux, j’ai croqué le premier fruit. J’ai senti les branches des palmiers secouer le ciel. Des cascades d’eau douces se sont mélangées à la mer. Le navire jette l’ancre dans une anse protégée.
La fraise a roulé dans ma gorge. Un goût de paradis. Qui sait si les trois autres ne risquent pas de m’empoisonner ?

Marc Spaccesi