L’ami Fabrice a choisi cette année de s’intéresser à la formule 1 au féminin. Bonne idée n’est-ce pas ? J’aime ces jolies créatures qu’on peut rencontrer au détour de chaque grand prix, leur beauté insolite, parfois insolente, sorte de chiendent déraciné, tenant du miracle sur un circuit. Mais je ne peux m’empêcher de penser qu’au-delà de leur grâce ces filles sont des produits locaux, décorées pour une foire aux super chevaux. Les hôtesses dit-on ? Un nom qui possède le goût de la cendre tiède, de l’humilité affectueuse, caché derrière les grilles du sourire. Elles se tiennent près de la ligne d’arrivée pour accueillir dans leurs bras au bout de X tours un garçon poussiéreux, couvert de sueur et de cambouis, afin de lui accorder un baiser pour mieux le regretter.
H.E.






Coraline fait désormais partie de l'équipe de ma lucarne. Que dire d'elle? Peut-être évoquer l'étrangeté de son regard. A moins de la découvrir un peu plus à travers son alphabet personnel, disons de :
A à Z

Chroniques sur la boxe thaï
Rick « The Jet » Roufus
Surnommé "The Jet", l’américain Rick Roufus est à coup sûr l'un des très grands champions du full-contact mondial...
Fabrice BALESTER
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L'art n'est pas sage...ou si il est sage ce n'est pas de l'art. Picasso






« "Une sculpture qu’on n’a pas envie de caresser n’est pas une sculpture réussie » disait Brâncusi
Désirée est un personnage de papier qui est totalement incontrôlable. Sans doute a-t-elle était fabriquée par son auteur dans de la pure pâte à fantasmes? Vous voyez? Comme Nadja, sylphide...ces femmes qui n'existent pas mais qui n'en sont que plus redoutables, car impossible à rapprocher du comportement des gens croisés au quotidien. Mais allez savoir ?



Le billet de Xavier LE FLOCH « Emotions censurées, j’en ai plein le container » Alain Bashung.
Une seule résolution pour cette année 2010: de l’émotion ! Me défaire de tous les carcans et vivre au fil de mes émois.
En cette rentrée tout bouillonne dans ma tête, j’ai des envies de révoltes ! Je vois des barricades partout pour exiger le retour de l’amour. Je suis prêt à verser mon sang pour que ma fille et ses amis aient un soupçon d’espoir de vivre autre chose que le pognon et ses pollutions.
Je ne reluque même plus Carla, j’ai vu beaucoup mieux cet été sur les plages. Je ne désire plus que ma main dans la gueule de son mari pour toutes les insanités qu’il nous sert et nous servira à la louche afin d’être réélu. Il faut en finir avec ces responsables de la chose publique qui n’ont cure que de leurs carrières.
Debout ! Levons nos poings et nos stylos !
XL

September song
Le train de septembre vient de partir, alors que nos souvenirs de l’été sont à peine secs. Par exemple, ceux de notre ami chroniqueur Xavier Lefloch qui a vu mieux que Carla sur les plages de sable fin et qui voudrait bien mettre sa main sur la gueule de Sarko. J’ai envie de lui dire qu’il s’excite pour rien, qu’en l’absence de Dieu, il reste le blasphème, le reste c’est de la verveine. Mais pourtant il faut bien qu’un chroniqueur s’emballe pour quelque chose, n’est-ce pas. Trop de mecs échouent à tout, même à la révolte, incapables de pétrir une cire nouvelle ou trop occupés à polir la statue de bronze de notre dictateur moderne. Notre époque est cabotine, elle s’insurge contre la moindre panne de lumière, le plus petit embouteillage, craint de passer à côté de la mode des nouveaux cartables ou du stylo chouchou, car les mioches sont exigeants avec la télé qui pense et rend mille fois idiot. Le train de septembre vient de partir. Hou ! Pour quels nouveaux soleils ? Pour quels nouveaux tropiques ? Vers quelles nouvelles ténèbres ? L’affection est devenue quelque chose d’inconnu et d’instable, et aujourd’hui, même les bêtes font leur chemin seules.
H.E.

Les Fruits défendus
Cette journée est comme un voyage. Un bateau, un départ, des embouchures à trouver. J’ai observé, scruté, dévoré ton corps durant des heures. Il y a tant de trésors à dénicher.
Les épaules posées sur le sol. Les plis de ta peau qui roulent sous mes doigts comme des vagues. Des îles qu’il faut contourner. La colonne vertébrale se tend, se déforme. La paume de mes mains creuse tes reins. De l’iode flotte sur tes pores. Il manque une brise marine pour gonfler les voiles.
Tes cuisses sont molles. Les muscles oscillent à droite puis à gauche dans un balancement régulier. Tenir le cap, éviter de dériver. Il y a des esquifs tout autour. C’est pas simple sans l’aide d’une boussole. On descend. Les mollets, les chevilles. Des creux, des tendons qui s’étirent. Des langues de mers pour doubler les caps. La plante du pied, les orteils, autant de destinations, d’issues possibles.
Tu t’es retournée. Le soleil a mordu à l’hameçon. Il dépose sa chaleur en fines couches. Je laisse filer mes doigts sur ton cou, avant de descendre plus encore, plus bas. L’inconnu, le vertige. La proue du navire cogne sur les vagues. Au loin, je devine un fil blanc barré d’écume. J’entends les sirènes, les marins assoiffés d’or qui découvrent des terres. Ton ventre se durcit. Je vire sur les bords. Les limites de la carte, le domaine des légendes, les abysses. Vite revenir sur le pont.
J’ai eu l’idée d’amener des fraises. Quatre billes rouges chargées de sucre que j’ai déposées autour de ton nombril. Voyage au centre de la terre. L’El Dorado en personne. Ton corps se soulève un peu, la mer qui tangue, le mat du navire plonge en avant. Il se redresse, mord dans les vagues. Il y a bien un Robinson qui traîne quelque part. Je n’ai pas envie que la journée finisse. L’océan est trop vaste, il y a tant à brasser.
Tes jambes sont repliées. Les fraises sont mûres à point. Elles brillent. J’ai posé ma bouche sur un quai précaire. Ta peau se dérobe sous ma langue. En fermant les yeux, j’ai croqué le premier fruit. J’ai senti les branches des palmiers secouer le ciel. Des cascades d’eau douces se sont mélangées à la mer. Le navire jette l’ancre dans une anse protégée.
La fraise a roulé dans ma gorge. Un goût de paradis. Qui sait si les trois autres ne risquent pas de m’empoisonner ?
Marc Spaccesi


